Insolite: le rosier qui ressemble à un arbre et dont la peau s’exfolie

Un de nos rosiers est très différent de tous les autres. Les tiges sont de véritables branches de 5 à 8 cm de diamètre. Sept d’entre elles partent de la racine et donnent ainsi une forme arbustive très structurée, qu’on n’associe pas directement à un rosier. Un de nos rosiéristes nous a confirmé que notre arbuste était un des plus grands d’Europe de son espèce. Il dépasse 4 mètres 50, exactement 4,67 mètres suite à une mesure au laser. C’est tout proche de  la hauteur de référence maximum de 5 mètres qu’il peut atteindre dans son milieu d’origine.

Surtout, son écorce est très insolite. Elle s’exfolie, c-à-d que des lambeaux assez longs se détachent « naturellement ». Ce renouvellement permanent protège la vigueur de la plante. Ce rosier a toujours l’air en bonne forme et est très résistant aux maladies. Il résiste à des températures jusqu’à moins 29 degrés (zone de rusticité de niveau cinq). Il ne se taille pas et ne se bouture pas.

Son nom savant est Rosa Roxburghii. C’est en effet, un écossais William Roxburgh, qui l’a découverte dans un jardin de Quangdong en Chine. Il l’a transplantée ensuite dans le jardin botanique de Calcutta, dont il était le directeur au temps de l’Empire britannique et de là, elle a été diffusée en Angleterre et dans toute l’Europe au début du XIXe siècle. La fleur est de belle dimension (de 5 à 7 cm) et comporte de nombreux pétales. Le bouton et les sépales sont couverts de soie. La fleur correspond assez bien au goût dominant de cette époque amoureuse desroses. Elle est peu parfumée et se cache souvent sous les feuilles. Celles-ci sont aussi très particulières et se composent de 9 à 15 folioles.

Le fruit est couvert de robustes aiguillons qui lui donne l’apparence d’une bogue de châtaigne, ce qui explique aussi le nom de « Rosier-châtaigne »donné à la plante. Le fruit est d’abord vert, puis jaune et tombe assez rapidement.

 

 

 

 

 

En botanique, on classe ce rosier dans un sous-genre du genre Rosa, qui ne contient que les trois variantes très proches de cette espèce: le sous-genre du Platyrhodon. Mais les études génétiques récentes le rattachent au sous-genre Eurosa, et plus particulièrement à la section des roses Synstylae, dont nous avons déjà parlé car c’est aussi la section de nos Hybrides de moschata.

L’espèce dérive d’une variété sauvage proche à fleur simple et parfumée que l’on trouve dans la province chinoise de Sichuan, sur les contreforts qui bordent le haut plateau tibétain, à des altitudes de 500 à 1500 mètres. La troisième variété est présente au Japon.

Rappelons aussi que les fruits de Rosa Roxburghii sont réputés comestibles. Riches en vitamine C, E et en anti-oxydants, ils sont répertoriés comme plantes médicinales dans le grand recueil de médecine publié au XVIe siècle par Li Shizhen, originaire aussi du Sichuan, qui fut l’un des plus grands médecins, pharmacologues et naturalistes de l’histoire chinoise. Ils permettent de lutter contre le stress et le vieillissement. Ils font toujours actuellement l’objet de nouvelles publications médicales, notamment par rapport au risque de cancer.

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Sources:

Patrick Masure, Guide des rosiers sauvages, Guide Delachaux-Nestlé, 2013

Marie-Fougère-Danezan et Simon Joly, Phylogeny and biogeography of wild roses, Annals of Botany, February 2015

Communication de Philippe Rivière, spécialiste en médecine chinoise

 

 

 

 

 

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